Congrès USR (Union des Syndicats de Retraités)

CONGRES U.S.R. DU 8 ET 9 NOVEMBRE 2012 TREGUNC

 

 

 

Pouvoir d’Achat , Santé, Perte d’Autonomie

 

 

Texte présenté par Marie-Claire SONNIC, secrétaire du syndicat des retraités de la santé dans le 29 sud.

  Le pouvoir d’achat, rien ne va plus

 

  •  25% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté
  •  1/3 soit 5 millions perçoivent entre 800 et 1100€ par mois
  •  14% de retraités renoncent à se soigner

 

Tandis que les plans sociaux s’accumulent, les retraités s’appauvrissent. 500 000 d’entre eux ont repris le chemin des "petits boulots". Les centres sociaux tirent la sonnette d’alarme. Plus de 60% des CCAS voient augmenter les demandes d’aides des personnes âgées.

 

Une pression fiscale sans précédent

 

Avec la loi de finances pour 2009, certains retraités veuves, veufs, séparés, divorcés, célibataires peuvent avoir une triple peine avec la suppression de la ½ part et le gel du barème de l’impôts sur le revenu. Ils deviennent imposables, ils auront à payer la taxe d’habitation, redevance télé, taxes foncières pour les propriétaires occupants de plus de 75 ans ainsi que la CSG et la RDS. Comme si cela ne suffisait pas à compter du mois d’avril 2013 ce sera + 0,15% pour la taxe à la solidarité pour l’autonomie et + 0,30% en 2014 et vont perdre au niveau des prestations sociales, APL, quotient familial pour les aides communales, pour les cartes de transport.

 

Toutes ces attaques contre les retraités justifient le niveau de revendications défendues par la CGT.

Pour satisfaire les revendications, les moyens existent :

 

  •  les entreprises du CAC 40, plus de 80 milliards de bénéfices en 2010
  • 2012 milliards d’€ de dividendes ont été versés aux actionnaires par les entreprises par les entreprises non financières.
  • 40 milliards versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40
  • 170 milliards d’exonérations fiscales et sociales pour les entreprises française en 2010

 

La CGT a 10 exigences :


  • revaloriser les salaires, les pensions et les minimas sociaux
  • contrôler les aides publiques aux entreprises
  • contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
  • suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
  • stopper les suppressions d’emplois
  • développer les politiques publiques et les moyens des services publics
  • réformer la fiscalité en profondeur
  • créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédit à taux réduit
  • taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux
  • mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique

La santé

 

Le droit à la santé tout au long de sa vie est un droit fondamental et doit être garanti à tous.

La santé est définie par l’organisation mondiale de la santé « comme un état optimal de bien être physique, mental et social, incluant la possibilité de conserver et développer ses capacités fonctionnelles »

Pour accéder à la santé, la réponse à l’ensemble des besoins fondamentaux doivent être garantis.

Pour construire un état de santé optimal, il faut bénéficier d’un environnement sain où les facteurs de risques sont au maximum réduits, disposer d’une éducation à la santé suffisante, bénéficier d’un suivi médical régulier avec des RDV de bilans de santé périodiques et accéder aux meilleurs soins issus des dernières avancées des sciences et des techniques.

 

Le service public de santé a pour obligation de garantir à l’ensemble de la population sans discrimination l’accès à ses services.

La santé doit être inscrite dans les missions fondamentales de l’Etat et une loi d’orientation et de programmation de santé publique mise en œuvre.

 

Une santé à 2 vitesses

 

Ce qui existe aujourd’hui :

Depuis les années 70, dans une logique de rentabilisation de la santé, les politiques ont réduit l’offre de soins publique et le nombre des professionnels en formation (numérus clausus médical, quotas d’entrée dans les écoles paramédicales.

Les désengagements de l’assurance maladie ont participé à amoindrir et fragiliser les fondements humanistes et progressistes de la solidarité et de la répartition en renvoyant sur l’individu une part de plus en plus importante des risques liés aux aléas de la vie.

 

Les moyens pour y parvenir


Avoir une ambition de Santé publique impose de s’appuyer sur un système de protection sociale de haut niveau fondé sur la solidarité et l’égalité des droits pour tous. La sécurité sociale obligatoire est garante de ces principes et valeurs, c’est pourquoi il est urgent de la consolider et de renforcer ses moyens pour encore mieux répondre aux besoins de la population. Le seul moyen est de reformer son financement, pour que toutes les richesses crées dans notre pays soient mises à contribution afin d’assurer le bien être de l’ensemble de la population. L’utilisation des fonds publics de l’assurance maladie doit plus rigoureusement contrôlée pour empêcher tout développement du privé lucratif et offrir une prise en charge de haut niveau couvrant l’ensemble des soins.

 

La loi « hôpital, patients, santé territoires » change en profondeur le système de santé avec moins de services publics, moins de solidarité et moins de démocratie. Elle s’inscrit dans une logique marchande et autoritaire.

 

L’Hôpital public doit devenir le pivot du système de soins et l’organisateur du travail en réseau avec les autres services et professionnels de santé et de l’action sociale. Il doit s’ouvrir sur une approche globale des besoins de santé pour participer à la prévention, l’éducation et développer la recherche clinique et l’enseignement.

Il convient de reconsidérer toutes les fermetures d’établissements ou de services intervenues ou à venir, pour reconstruire un maillage hospitalier cohérent capable d’offrir la meilleure réponse aux besoins de la population.

 

L’accès aux médicaments doit devenir un droit universel.

 

Le reste à charge, acteur majeur de renoncement aux soins,  concerne souvent des soins peu remboursés par l’assurance maladie (optique, dentaire soins de prothèses)

Les dépassements d’honoraires tant en ville qu’à l’hôpital posent le plus de problèmes, les conséquences sont catastrophiques tant en terme d’humains que de santé publique. Selon les études, entre 15et 25% de la population renonce à des soins pour raisons financières.

La France a reculé du 6ème au 20ème rang sur 27 pour la mortalité périnatale en Europe.

 

Revenir aux fondements de la sécurité solidaire.


La dégradation de notre système de protection sociale s’est accélérée ces dernières années, pour les soins courants, le remboursement par l’assurance maladie n’atteint plus que 55% des dépenses, les affections de longues durées subit des attaques répétées.

Nous assistons donc à une opération organisée de démantèlement de la Sécurité Sociale qui risque d’être réduite au « filet de protection » pour les plus pauvres, charge aux autres de choisir sur le « marché » l’assurance complémentaire qui leur permettra, s’ils peuvent se la payer de bénéficier d’une couverture satisfaisante.

D’autres choix sont possibles, la CGT vient d’ailleurs de publier une brochure intitulée « quelles alternatives pour l’avenir de notre système de santé » qui décline un certain nombre de propositions.

Perte d’Autonomie / aide à domicile

 

La société connaît de grandes évolutions qui en bouleversent son organisation : la venue en retraite des générations de baby-boom et l’allongement de la vie.

Pour la 1ère fois depuis le début de l’humanité, 4 générations se côtoient en masse, dont 2 en retraite.

Vivre c’est aussi vieillir et être soumis, qui que nous soyons, quel que soit notre âge, au risque de la maladie, de la perte d’autonomie.

La perte d’autonomie est donc devenue un sujet de société à part entière au regard des évolutions des populations.

C’est pourquoi la question de l’autonomie ne peut-être dissociée de celle de la définition de la santé que la CGT met en avant. C’est une question de santé qui ne se limite pas aux personnes âgée et qui doit constituer un droit nouveau pris en charge par la sécurité sociale dans le cadre de l’assurance maladie et qui s’intègre totalement dans les principes fondateurs de la Sécurité sociale issus du Conseil National de la Résistance «  faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort ». Ce risque doit reposer sur un socle de financement solidaire, pérenne, essentiellement public, fondé sur une meilleure répartition des richesses.

 

Le dossier de la prise en charge à l’autonomie se situe bien dans le prolongement de la bataille des retraites et dans le cadre du débat sur le financement de la Sécurité sociale. Le financement de la prise en charge de l’aide aux personnes fragilisées ne doit absolument pas relever des systèmes d’assurances privées.

Le débat, retiré pour cause d’élections présidentielles doit reprendre ses droits avec la nouvelle majorité issue des urnes. Il s’agit d’un choix de société.

 

L’aide à l’autonomie, dont le financement est très supportable, fait partie de nouveaux besoins, liés au progrès de la société. Elle nécessite la mise en place de réponses adaptées et évolutives.

Les personnes âgées souhaitent vieillir en toute autonomie, le plus longtemps possible à leur domicile, lieu de toutes les mémoires, avec toutes le aides humaines et matérielles indispensables lorsque la santé décline et ce, dans le respect de la dignité de la personne et de sa sécurité. 73% des 85 ans et plus vivent à domicile.

 

On sait que l’aide humaine apportée par le secteur de l’aide à domicile, particulièrement des associations conventionnées et agréées.

Toutefois si le secteur associatif a permis de développer des solidarités en son temps, ce type d’organisation, s’il reste indépendant, est devenu obsolète au regard de l’importance des missions à accomplir.

En incluant les services indispensables aux personnes fragilisées dans le plan de Cohésion sociale dit loi Borloo, le gouvernement précédent avait une visée politique, celle de garder ces services dans la sphère privée et d’éviter l’émergence d’une mission de service public pour les personnes en perte d’autonomie.

 

La santé, la sécurité et le bien-vieillir des personnes fragilisées ne sont pas des marchandises. L’aide à domicile doit prendre en compte les besoins de la population et ne doit pas répondre à une logique économique. Il s’agit d’un service lié à des enjeux de société, à des besoins sociaux.

Si le secteur de l’aide à domicile a connu un développement important avec la création de l’APA, aujourd’hui il stagne, alors même que les besoins non satisfaits augmentent. Le problème du financement n’a pas été résolu et aujourd’hui le système est à bout de souffle à cause, en autres, du dégagement de l’Etat.

 

Selon les statistiques, le vieillissement de la population est plus rapide dans notre département que dans la France métropolitaine. Dans le Finistère ¼ de la population a actuellement + de 60 ans et en 2030 ce chiffre sera de 1/3.

En 2011, 9910 personnes ont bénéficié de l’APA à domicile ( gir1 274, gir 21791, gir 3 2321,gir 4 5524).

Parce qu’il est nécessaire de trouver des réponses nouvelles, pour permettre aux personnes de trouver de l’aide dont elles ont besoin, la CGT revendique un grand service public de l’aide à l’autonomie à domicile ou en établissement en partenariat avec le secteur associatif.

 

Dans le Finistère la CGT a élaboré un projet aux idées fortes, il s’agit de parfaire l’outil qui permettra l’harmonisation des secteurs professionnels, la mise en commun des savoirs, la professionnalisation des personnels, en veillant à l’optimisation de la distribution des aides aux personnes et leur efficacité.

Parce qu’il a les prérogatives d’organiser le secteur, la CGT demande au Conseil général d’être le garant du service public d’aide à la personne dans notre département.

Pour répondre aux besoins des personnes aidées, il faut répondre aux besoins des personnes qui aident.

 

L’habitat, le lieu de vie sont des notions sensibles pour toutes les générations, particulièrement pour les personnes âgées, il doit répondre aux besoins de l’ensemble de la population, des + jeunes aux +âgés et nécessite la construction massive de logements sociaux. Le coût de celui-ci est de plus en plus élevé, il est courant qu’il représente 50% du revenu du foyer, en y ajoutant les charges (chauffage, électricité) certaines personnes seules sont contraintes de faire des arbitrages difficiles, se loger ou se nourrir.

 

Il faut permettre aux personnes âgées de vieillir dans un environnement choisi. Le souhait d’une grande majorité de personnes âgées est de rester dans leur environnement, de préférence dans leur domicile, cela exige des logements et de services de proximité adaptés, des services à la personne adaptés, des services à la personne de qualité.

 

Les personnes qui ont décidé d’intégrer un établissement collectif doivent y trouver vie sociale, culturelle, confort, respect, soins adaptés à un coût abordable pour tous, excluant des restes à charges prohibitifs qui pénalisent les familles et de préférence dans une maison de retraite médicalisée publique ou à but non lucratif.

Les types de logements doivent être variés et répondre à des besoins eux-mêmes très différents. Les personnes âgées vivent bien souvent dans des logements inadaptés.

 

Les devoirs des collectivités sont d’agir sur la présentation et sur l’aménagement des secteurs les plus inadaptés et informer les habitants des subventions existantes pour améliorer et adapter leur logement.

 

LA CGT NE MANQUE PAS DE PROPOSITIONS.

Le point de vue de la CGT sur les EHPAD 

Les propositions CGT sur le système de santé 

Les propositions CGT sur le droit à l'autonomie 

La CGT et la Protection Sociale


Écrire commentaire

Commentaires: 0
Loading
pages visitées