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La maltraitance institutionnelle

 

Il existe une littérature abondante sur le sujet. Voici quelques extraits de sites différents et des renvois à des sites spécialisés.

 


C'est quoi la maltraitance

 

 

  Extrait du "LE JOURNAL DES CAIDE":

http://caide2010-2013.blogspot.fr/2012/06/semaine-recherche-action-df4m06.html


I.
La violence : définitions

A. La violence au sens large

1. Selon le Robert[1]

 

La violence c’est agir sur quelqu’un ou le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l’intimidation.

 

2. Selon le dictionnaire de la violence[2]

 

Comportements actifs, spontanés ou volontaires menaçant autrui et lui portant préjudices, dommage et souffrance morale ou physique. Ça comporte un élément d’intensité par rapport à l’agression, de volonté et de souffrance infligée. La violence est en opposition avec la relation humaine de coexistence et de respect […]

 

3. Selon le dictionnaire de la psychologie[3]

 

Force brutale qu’un être impose à d’autres pouvant aller jusqu’à la contrainte exercée par l’intimidation ou la terreur. Elle est aussi représentée par toutes les conduites agressives qu’un sujet plus fort physiquement ou moralement fait subir à un plus faible : mauvais traitements, sévices ou même actions criminelles pouvant aller jusqu’au meurtre. Par extension, les comportements violents vont se retrouver aussi bien dans le domaine de la délinquance que dans celui de la dangerosité.

 

 

4. Selon le Code Civil, article 887, 1111 et suivants[4]

 

La violence au sens du droit civil est l’acte délibéré ou non, provoquant chez celui qui en est la victime, un trouble physique ou moral comportant des conséquences dommageables pour sa personne ou pour ses biens.

 

B. Les différentes formes de violences

1. La violence physique

 

Selon l’OMS, c’est l’usage délibéré ou la menace d’usage délibérée de la force physique ou de la puissance contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fort d’entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal-développement ou une carence.

 

2. La violence psychique

 

Marie LEONARD-MALLAVAL[5] : On pourrait croire que la violence psychique ne laisse pas de trace sur le corps de l’enfant. En effet, il n’y a pas d’effet immédiat sur le corps mais on peut l’observer indirectement. Les conséquences de cette violence peuvent se manifester physiquement par un repli sur soi.

 

Il est difficile de faire la distinction entre violence physique et psychique, car ces deux notions ont un lien fort entre elles. En effet, toute violence physique s’accompagne de violence psychique, selon l’auteur. Par exemple, l’enfant qui dit « même pas mal » suite un geste violent semble faire le déni de l’humiliation vécu. Notons que toute violence, quel que soit sa forme implique une violence psychique. La violence psychique est fondée sur le non-respect de l’autre et concerne toujours les plus faibles physiquement et psychiquement. Ex : non-respect des besoins de l’enfant, nourriture, sommeil, soin corporel… Obliger un enfant à terminer son assiette ou encore interrompre son sommeil pour le nourrir même s’il n’en manifeste pas le besoin, est une forme de violence psychique puisque l’enfant se heurte à la rigidité de l’adulte.

 

3. La violence verbale

 

D’après le Dictionnaire de la langue française[6], la violence verbale est caractérisée par des injures, des humiliations ou des menaces.

 

Selon Marie LEONARD-MALLAVAL[7], crier plus fort que l’enfant pour qu’il arrête de crier c’est comme mordre un enfant pour lui montrer qu’il ne faut pas mordre parce que ça fait mal. Dire « c’est encore untel qui a fait la bêtise », alors qu’il n’a pas été témoin de l’action est une violence verbale, puisqu’il s’agit ici de coller une étiquette injuste et donc dangereuse à l’enfant concernée. Des expressions, qui paraissent anodines, peuvent rejeter ou humilier un enfant : « regarde, il est sage lui ». Ces expressions peuvent blesser l’enfant alors qu’on croit le pousser à l’imitation d’un comportement que l’on juge plus « adapté ».

 

 

4. La violence d’amour

 

D’après Marie LEONARD-MALLAVAL[8], il s’agit ici des chantages affectifs. Ex de l’auteur : « si tu ne fait pas ça, je ne t’aime plus, je te laisse ». On peut rapprocher cela aux pratiques professionnelles, comme le chantage autour du doudou. Ainsi, comment se sentir en sécurité avec de telles menaces ?

 

L’abus d’amour peut aussi être considéré comme une violence. Les « je t’aime » à n’en plus finir, les caresses, les bisous peuvent emprisonner l’enfant dans une relation fusionnelle avec l’adulte, son parent en l’occurrence. Il peut reproduire le même schéma relationnel avec d’autres adultes comme le professionnel référent.

 

5. La violence institutionnelle

 

Stanislaw TOMKIEWICZ[9] : « Toute action commise dans ou par une institution, ou toute absence d’action qui cause à l’enfant une souffrance psychique ou physique inutile et/ou qui entrave son évolution ultérieure ». « Toute institution est à risque de violence ».

 

Marie LEONARD-MALLAVAL[10] : Ce sont les violences insidieuses ou sournoises, celles dont on ne se rend pas toujours compte, entraîné par la routine ou l’organisation de l’équipe qui peut perdre de vue le but fondamental de la structure d’accueil : l’enfant et son accueil de qualité. De cette violence découle les douces violences (cf. suite de la recherche). En général, les membres d’une équipe de professionnels de formation différente sont souvent d’accord sur les grands principes du respect de l’enfant, de sa famille, de son rythme etc. mais dans la pratique on défaille parfois.

Ex : des pros qui discutent pendant un change voire des commentaires négatifs sur l’enfant et sa famille, coincer l’enfant entre la table et le mur pendant le repas.

 

C. Les autres notions liées à la violence

1. La maltraitance

 

Selon l’OMS, la maltraitance est toute atteinte à la santé. La santé étant un état de bien-être physique, psychique et social. Elle est un état organique, dynamique, d’équilibre entre l’individu et l’environnement social où il vit.

 

2. Agression-Agressivité

 

D’après le Larousse, c’est une attaque brutale et soudaine contre une personne sans qu’il y ait eu de provocation. L’agression passe par le cas de contact physique et de violence. La violence est donc une composante de l’agression.

 

3. Le conflit

 

D’après le Trésors de la Langue Française (TLF), c’est un choc ou heurt se produisant lorsque des éléments, des forces antagonistes entrent en contact et cherchent à s’évincer réciproquement.

 

4. Le traumatisme

 

D’après le TLF, c’est un ensemble de manifestations locales ou générales provoquées par une action violente sur l’organisme.

Violent choque émotionnel provoquant chez le sujet un ébranlement durable.

 

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que cette définition de la violence n’est pas exhaustive. En effet, il y a une grande part de subjectivité dans la violence : elle peut être individuelle, liée aux codes, normes et valeurs d’une société à un moment donné.

Néanmoins, on peut lui attribuer différentes fonctions. D’après le dictionnaire de la violence et du crime, les théories de la tension et du stress fournissent un modèle qui expliquerait le processus de violence par une dynamique de régulation. Un organisme (individu, couple, famille, groupe, institution, société) est caractérisé par un niveau optimal et spécifique de la fonction et s’il ne parvient pas à le maintenir, la violence et l’agression sont des moyens parmi d’autre pour rétablir cet équilibre.

 

 

Une tentative de définition et d’appréhension des violences en institutions


La question de la définition des violences en institution est centrale et permet de définir un acte ou un comportement comme tolérable ou non. Cette définition est nécessairement évolutive en fonction de la mission de l’institution et de la tolérance générale du droit et de la société vis-à-vis des différentes contraintes supportées par l’individu. Les auteurs de « aimer mal, châtier bien » parlent de violences légitimes et de violences illégitimes au regard de l’évolution sociale et législative. Actuellement la violence en institution est généralement définie par ses conséquences, pour la personne qui la subit, en termes de souffrance et d’entrave à son développement, son bien-être.« J’appelle violence institutionnelle » écrit Stanislaw Tomckiewicz, « toute action commise dans ou par une institution, ou toute absence d’action qui cause à l’enfant une souffrance physique ou psychologique inutile et/ou qui entrave son évolution ultérieure ».

 

Éliane Corbet [5] élargit encore cette définition de la violence institutionnelle à « tout ce qui donne prééminence aux intérêts de l’institution sur les intérêts de l’enfant ».

 

La violence institutionnelle recouvre donc un champ large, comportant aussi bien des actions que des omissions, elle se définit par ses conséquences sur le bien-être de la personne accueillie dans l’établissement.

 

Elle vise aussi bien les violences en « creux », les discontinuités et les mini ruptures de la vie quotidienne que les brutalités avérées. Les connaissances actuelles résultant de l’analyse de la vie institutionnelle permettent de concevoir que faute d’inscrire son action dans la recherche de qualité, incluant une dimension thérapeutique, toute institution ne peut être que maltraitante.

 

De plus la dimension supposée éducative ou thérapeutique d’actes ou de comportements contraignant et/ou violents ne permet plus de justifier des pratiques professionnelles. Ainsi la chambre criminelle de la Cour de cassation dans un arrêt du 2 décembre 1998 considère que des traitements dégradants imposés à des êtres humains ne peuvent être considérés comme des mesures éducatives. En l’espèce, les traitements visés consistaient en privation de repas, enfermement dans un placard, douche froide, obligation de ramassage d’excréments que subissaient des adultes autistes dans un établissement spécialisé.

Les juridictions précédemment saisies avaient considéré que de tels traitements étaient justifiés dans la gestion des crises, en réponse au comportement des adultes handicapés. La décision de la cour de cassation s’oppose résolument à de telles justifications et redéfinit les violences en institution au regard de la notion de traitements dégradants et d’atteinte à la dignité de la personne humaine. On peut ainsi supposer que des pratiques professionnelles comme par exemple des contentions ou des maintiens prolongés dans les lits, dans des fauteuils, des manques de soins d’hygiène etc. suite à des insuffisances d’effectifs ou des qualifications des personnels recevraient la même qualification. La violence en institution recouvre également les passages à l’acte isolé commis par des professionnels ou d’autres résidents dans l’institution, sans que nécessairement le fonctionnement de l’établissement puisse être mis en cause.

 


Maltraitances institutionnelles:

 

http://ressources.ensp.fr/memoires/2005/mip/groupe_17.pdf

 

http://probo.free.fr/textes_amis/violence_institutionnelle_j_pain.pdf

 

http://caide2010-2013.blogspot.fr/2012/06/semaine-recherche-action-df4m06.html

 

http://www.hcsp.fr/docspdf/adsp/adsp-31/ad315256.pdf

 

La maltraitance institutionnelle peut être davantage comprise comme une des causes de deux des trois formes de maltraitance, à savoir la maltraitance physique et la maltraitance psychique. Elle n’est pas directement maltraitante, mais elle met ses acteurs en situation d’être ou de devenir maltraitants. 

La division entre violence dure et violence douce s’applique plus difficilement à ce type de maltraitance bien qu’elle puisse produire également de la maltraitance selon ces deux caractéristiques. 

Il s’agit donc exclusivement d’une forme de maltraitance qui a cours dans les hôpitaux, maisons de retraites et instituts spécialisés. On peut prendre pour exemple le peu de moyen alloué dans les hôpitaux, ce qui impose au personnel soignant un rythme de travail trop intense. Il en résulte des erreurs et des maltraitances de la part du personnel sur les patients. 

La maltraitance institutionnelle est donc la plupart du temps liée au problème des moyens, ce qui la rend très difficile à résoudre. Etant une des causes d’autres formes de maltraitance, elle complexifie le problème. En effet, l’effort de lutte contre la maltraitance est porté sur le personnel alors que souvent il ne s’agit là que d’un symptôme et que la véritable cause est celle des moyens.

 


Il ne s’agit pourtant là ni de ce que l’on appelle des mauvais traitements ni des brutalités («la maltraitance») qui ne sont pas exclus pour autant, mais bien d’une banale et rationnelle déshumanisation par la fréquence et donc le rythme trop rapide des interventions qui ne permettent pas de faire attention au désir de celui qu’on remet au «propre». C’est alors bien de mal traitance dont il est question, dans le sens de ne pas bien traiter, subtile distinction avec le verbe maltraiter dont la connotation sadique est plus directe et surtout plus voyante. Lorsque changer les couches d’une personne se substitue à lui «dire bonsoir», tient lieu pour l’essentiel de la relation, nous pouvons difficilement prétendre la soigner, au sens de prendre soin d’elle. Nous nous contentons par conséquent de la nourrir, la loger, la blanchir, sans trop l’abreuver car, ainsi que le conseillent certains représentants du «juteux» marché de la couche aux soignants, il vaut mieux éviter de lui donner à boire le soir (pas de tisane... de toutes façons on n’a pas le temps) afin de ne pas déborder la couche dite «de nuit» qui prétend contenir douze heures d’incontinence «raisonnable»,  ce qui justifie son prix plus élevé.


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