EHPAD: lettre ouverte aux candidats

La réponse d'Annick LE LOCH, candidate du Pays Bigouden - Cap Sizun, élue à l'Assemblée Nationale.

 

Objet : conditions de travail dans les EHPAD - dépendance - santé - protection sociale

De : annickleloch2012 (annickleloch2012@laposte.net)

À : usdcgtfinistere@yahoo.fr;

 

 

 

 

Date : Vendredi 15 juin 2012 16h15

 

Madame Marceline SEVERAC

Secrétaire Générale

Union Syndicale Départementale

Santé et Action Sociale

Local CGT du Centre Hospitalier

85 rue Laënnec

29171 DOUARNENEZ Cedex

usdcgtfinistere@yahoo.fr

 

 

Madame la Secrétaire Générale,

 

 

J’ai bien pris connaissance de votre récente alerte relative à la dégradation des conditions de travail des salariés et de la prise en charge des personnes âgées en EHPAD. Je vous en remercie et souhaite vous répondre dans l’attente, bien sûr, de pouvoir vous proposer, si vous le souhaitez, une rencontre en fonction du résultat prochain des échéances électorales.

 

Votre interpellation met en exergue les difficultés d’organisation du travail au sein de ses structures et visiblement l’insuffisance de dialogue social qui permettrait en interne de répondre, au moins en partie, aux problématiques en présence. Je ne méconnais pas non plus que ces situations peuvent aussi être la résultante d’un manque de personnels qualifiés adaptés à l’évolution nécessaire de la prise en charge de la dépendance. J’ai d’ailleurs eu récemment l’occasion d’intervenir en cette sphère suite aux inquiétudes exprimées par les familles des résidants de l’EHPAD d’Audierne et d’avoir confirmation de l’attribution de 3,5 postes ETP dans le cadre du renouvellement de la convention tripartite. Au-delà des spécificités de chaque établissement, c’est bien sûr l’attention particulière que la collectivité nationale doit porter à la question de la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui est en jeu.

 

Dans le cadre de la campagne électorale qui s’achève, les candidats socialistes à la députation défendent des engagements forts en la matière tant pour nous, la perte d’autonomie, et donc la question de la prise en charge de la dépendance, constitue une illustration supplémentaire des rendez-vous manqués de l’ancien gouvernement. Au sein de la majorité présidentielle, nous favoriserons l’adoption de mesures permettant la prise en charge de la perte d’autonomie par une contribution solidaire. Nous nous attacherons à la mise en place d’une réforme durable du soutien à la perte d’autonomie. Le grand âge représente un risque nouveau, qu’il nous faut assumer à partir des principes de notre système de protection sociale de solidarité, de justice et d’efficacité. François Hollande s’est engagé à ce qu’une contribution de solidarité nationale permette une prise en charge pérenne et solidaire de la perte d’autonomie et a la volonté que la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie constitue un socle puissant aux pouvoirs élargis permettant, en relation constante avec les conseils généraux, d’impulser une politique contractuelle entre tous les acteurs.

 

Au lieu du débat tronqué sur la dépendance qui s’est tenu lors du dernier quinquennat, nous adopterons une loi-cadre sur le vieillissement et la dépendance conformément aux engagements que le Président de la République a pris devant les Français. Au delà de la question du financement de la prise en charge des personnes en situation de perte d’autonomie, nous avons l’ambition d’élargir l’accès à l’APA à domicile pour les personnes les moins autonomes et de permettre l’adaptation de 80 000 logements par an pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées — ce dernier aspect constituant un levier puissant pour éviter les hospitalisations inappropriées. Nous mettrons également en place un plan d’aide et de formation en direction des aidants. Par ailleurs, nous améliorerons l’accès à l’information et au conseil pour les usagers et les familles en créant pour les personnes âgées le « guichet unique » qui a été créé pour les personnes en situation de handicap, ce que permettra la transformation des MDPH en Maisons Départementales de l’Autonomie.

 

La gauche a été à l’origine, voici 10 ans, d’un progrès considérable avec la création de l’APA. La gauche sera de nouveau au rendez-vous pour franchir une nouvelle étape de la prise en charge solidaire de la dépendance.

 

Dans la mesure où l’organisation syndicale dont vous assurez le secrétariat général est investie au sein des instances représentatives du Centre Hospitalier de Douarnenez, je compléterai ma correspondance en vous faisant part de nos engagements en matière de santé et de protection sociale, étant souligné que le mandat de Nicolas SARKOZY a été particulièrement marqué par le sceau de l’injustice et de la dégradation des conditions de vie de nos concitoyens en matière d’accès à la santé et de protection sociale.

 

Pour avoir déjà échangé avec vous sur ces questions le 2 mars dernier lorsque nous nous sommes rencontrés avec Gérard BAPT, mon collègue député de Haute-Garonne, vous n’êtes pas sans ignorer que pour les socialistes, la santé doit être l’une des politiques publiques les plus affirmées. C’est d’ailleurs tout le sens des engagements pris par François HOLLANDE et que je partage en tous points. Notre projet vise, avant tout, à garantir l’accès aux soins de tous les Français, un accès qui a été indéniablement fragilisé par la politique menée depuis 5 ans au niveau national. Cette ambition passe d’abord par la reconnaissance du rôle de l’hôpital public tandis que Nicolas SARKOZY est allé jusqu’à même faire disparaître le service public hospitalier de notre droit avec la loi « hôpital, patients, santé, territoires » (HPST). L’hôpital public doit demeurer le lieu où tout le monde peut être soigné, où toutes les pathologies seront prises en charge, où les professionnels seront formés et les innovations engagées.

 

En réaffirmant, durant sa campagne, que l’hôpital public n’est pas une entreprise, François HOLLANDE s’est engagé à mettre rapidement un terme au principe de convergence entre le public et le privé. La tarification à l’activité a engendré, par ailleurs, de nombreuses contradictions, voire a provoqué une spirale inflationniste en conduisant à une multiplication des actes dont certains non appropriés. Aussi, nous devrons redéfinir le mode de financement de l’hôpital pour l’adosser à d’autres critères que celui de la seule activité.

 

Mesurant pleinement la force et l’enjeu d’avenir que constitue le personnel hospitalier, le gouvernement et la majorité présidentielle oeuvreront à la négociation d’un nouveau pacte social à l’hôpital, qui prenne en compte l’objectif de promotion sociale, les conditions de travail et les contraintes découlant des nouvelles organisations territoriales.

 

Concernant les soins de premier recours, nous engagerons la création et le déploiement de pôles de santé de proximité sur tous les territoires. Parallèlement, l’hôpital devra être mieux coordonné avec le secteur médico-social et la médecine de ville. Dans l’intérêt des patients, nous veillerons à une meilleure prise en charge des urgences simples par les médecins de proximité et considérons comme nécessaire de favoriser un modèle de prise en charge pluridisciplinaire et coordonné.

 

Afin de lutter efficacement contre la désertification médicale, nous proposerons un plan d’accompagnement à l’installation des jeunes médecins fondé sur une nouvelle forme d’exercice, plus regroupée, plus collective. Il s’agira d’aider les médecins dans la construction de projets médicaux, de les accompagner dans les démarches administratives et de rendre possible la contractualisation des carrières et des parcours professionnels avec des passerelles permettant un retour vers l’hôpital. Il faudra accroître la part des rémunérations forfaitaires pour revaloriser la prévention, la qualité et la proximité et mettre en place des stages dès les premières années d’études en cabinet ambulatoire afin que l’exercice de la médecine libérale devienne un vrai choix.

 

Dans le souci de garantir aux Français un égal accès aux soins, nous limiterons l’installation des médecins en secteur 2 dans les zones sur-denses et garantirons un délai de moins de trente minutes pour accéder aux services d’urgence et de soins. Nous avons la volonté de généraliser le tiers payant pour les soins de premier recours et de réviser les modalités et le contrôle de l’exercice des consultations privées à l’hôpital.

 

Pour les membres de la future majorité présidentielle, garantir l’accès aux soins, c’est aussi lutter résolument contre les dépassements excessifs d’honoraires, laissés à la dérive sous le quinquennat de Nicolas SARKOZY et qu’il convient de plafonner.

 

Vous l’aurez compris, mieux prévenir, mieux guérir et mieux garantir, sont les axes majeurs qui guident notre ambition, la mienne, pour rebâtir une réelle politique de santé. Loin d’être une charge ou un fardeau, c’est une source d’investissement et un formidable moteur de développement économique et social pour notre pays, pour nos territoires.

 

Enfin, l’avenir de la Sécurité sociale ne se satisfera pas de mesures d’économie simplement conjoncturelles. C’est l’avenir même de notre système de protection sociale qui est menacé en raison de sa situation financière structurellement dégradée. Dans un contexte où les déficits cumulés de l’ensemble des branches s’élèvent à plus de 80 milliards d’€, c’est la consolidation du financement de la sécurité sociale qui nous apparaît plus que jamais nécessaire. Avec la remise à plat des niches sociales et la mise à contribution de l’ensemble des revenus, il nous faudra renforcer le financement de la protection sociale à la faveur d’une grande réforme fiscale. Une réforme qui devra permettre la fusion, à terme, de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG) dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR), qui permettra d’imposer les revenus du capital et ainsi de diversifier le mode de financement de la protection sociale.

 

Espérant vous avoir éclairée sur les positions que je défendrai au sein de la majorité présidentielle, je vous prie de recevoir, Madame la Secrétaire Générale, mes meilleures salutations.

 

 

 

Annick LE LOCH

 

 

 

                                         

 

 

Quimper le 12 juin 2012

 

 

Lettre ouverte à nos candidats aux législatives

 

Par ce courrier, nous tenons à vous faire part du mal être des personnels des EHPAD tel qu’ils nous le rapportent fréquemment: insatisfaction dans l’accomplissement de leur travail, sentiment de maltraitance institutionnelle, épuisement moral, pression de la part des familles, dévalorisation, manque de reconnaissance, stigmatisation. Ils nous racontent la façon d’exercer leurs taches « à toute vitesse » et de manière « bâclée »  concernant les soins d’hygiène, l’alimentation et l’accompagnement des résidents dans le maintien de leur autonomie (pas le temps donc on fait à leur place)…

         La seule réponse qui leur est régulièrement apportée est de la compréhension tout en soulignant le manque de moyens alloués par les financeurs.

Cela n’est pas satisfaisant.

Force est de constater que l’absentéisme est important sur ces secteurs et, au regard des témoignages que nous avons recueillis lors de nos différents passages, l’épuisement est tel que les arrêts de travail risquent encore de se multiplier. Ces nombreux arrêts ne sont pas toujours remplacés ce qui engendre une augmentation de la charge de travail, une augmentation des heures supplémentaires.

S’ajoutant aux difficultés d’accomplir humainement leur travail, les personnels sont victimes du non respect des règles inscrites dans le règlement intérieur du personnel voire non respect du code du travail : amplitudes de repos, temps de pause, rappel sur des repos hebdomadaires (pourtant bien nécessaires au regard de la charge de travail)…

Enfin, la multiplication des contrats aidés, de l’embauche de personnels non qualifiés,  l’augmentation de la précarité dans un secteur sensible qu’est la prise en charge de la personne âgée dépendante, est lourde de conséquences sur la qualité de l’accompagnement des résidents au quotidien.

La CGT a toujours revendiqué son attachement à une prise en charge décente des personnes âgées et à des conditions de travail dignes pour les personnels. Elle considère que l’on ne peut être bientraitant que si l’on est bientraité.

Consciente des difficultés financières engendrées par la politique de santé, sociale et médicosociale actuelle, non respect des signatures des conventions tripartites, non réponses aux coupes PATHOS, avec l’USD CGT, le syndicat CGT de l’EPSM Gourmelen sollicite votre engagement et attend vos réponses pour que nos ainés puissent être traités avec tout le respect qui leur est dû.

Dans l’attente d’une réponse rapide à une situation urgente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération la meilleure.

 

 

Copies à :

Monsieur Alain GAUTRON Directeur Général de l’ARS Bretagne

Monsieur Pierre MAILLE Président du Conseil Général du Finistère

Pdt Conseil de Surveillance

Pdt Conseil vie Sociale

Pdt Comité d’usagers

Sénateur

 

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