Il faut trancher le noeud gordien de Gourmelen!


Dans sa longue et louable quête humaniste de casser les murs de l’asile, Gourmelen a depuis plus de 30 ans transformé son paysage institutionnel. Les 1200 lits de l’époque ont été transformés en:
- 110 lits d’admissions, 30 lits de suites d’admissions, 16 lits personnes agées, 12 lits d’alcoologie pour le volet psy adulte, 19 lits pour la pédo-psy, 16 lits pour les ados
- 70 lits USLD, 50 lits EHPAD, 30 lits MAS - 15 lits FAM pour le médico-social
Au total: 376 lits aux quels se rajoutent 280 places d’hospitalisations partielles.
Plus de la moitié des 1200 lits d’origine ont disparu pour permettre l’implantation des CAMP. Toute une population qui étaient orientée vers l’asile est orientée vers d’autres institutions. Par exemple celle des personnes âgées, qui autrefois embolisaient les admissions, sont d’emblée peu admises: elles sont prises en charge dans les services de médecine et dans les EHPAD.

Pour autant, quelques couacs viennent ternir le tableau idyllique.

Imbroglio inextricable


Etat de tensions institutionnelles stressantes pour tous, hospitalisés et personnels. A cela plusieurs raisons!

  • La suroccupation des lits d’admission est quasi permanente depuis le déménagement des admissions de la clinique 9 vers la clinique 10 en 2008. Le taux d’occupation entre 95 et 105 % est dû, d’une part, à la réduction du nombre de lits d’admission lors du déménagement (- 17 lits) et d’autre part, à l’engorgement chronique des unités d'hospitalisation ( en 2011, 73 patients hospitalisés + de 100 jours, soit 44 % du taux d'occuppation ). Les “hospitalo-requérants” sont des patients psychotiques difficilement réinsérables dans la société, ou des patients psycho-déficitaires relevant de la filière médico-sociale déjà embolisée elle-même.


Cette suroccupation est génératrice de tensions entre hospitalisés et de stress et de souffrance au travail pour les personnels.

  • Une vague de départ en retraite ces 3 dernières années a fait place à un renouvellement, sans égal, de personnel infirmier. Et ce jeune personnel, essentiellement féminin, soucieux du continuum générationnel, eh oui, s’absente pour faire des bébés...

Un marché concurrentiel de l’emploi infirmier, extrêmement tendu, ne permet pas une fidélisation du personnel infirmier. De fait plusieurs postes sont vacants à ce jour.

La date incongrue de fin de formation des ISG (infirmières en soins généraux) ne rend pas les nouveaux diplômés disponibles avant la mi-juillet, au plus tôt.


Tous ces facteurs rendent difficile la cohésion des équipes soignantes et durcit leurs conditions de travail (ce qui n’est pas en faveur de la fidélisation du personnel infirmier - décidément, on tourne en rond)

  • Ar Sterenn, le canard boiteux ou mouton noir; c’est le boulet institutionnel d’un projet d’établissement (2007 - 2011) aux ambitions dé-(ou mal)-mesurées. Rendons cependant hommage à son personnel qui apporte toutes ses compétences au service des patients.

En cause:

Des transformations de lits qui n’ont pu s’opérer, appartements thérapeutiques non ouverts.

Des fermetures de lits d’admissions inadaptées aux besoins (- 17 lits) lors l’ouverture de la 10.

Un financement boiteux, un 1/3 reconnu et financé par l’ARS. Cherchez l’erreur.


Un budget 2012 annoncé comme déficitaire, du fait d’Ar Sterenn. Finalement les difficultés de recrutement infirmier, de par le non-paiement de ces mensualités, arrangent bien le budget de Gourmelen. Pas de paranoïa cependant, ce n’est pas un calcul de la direction!


A la recherche de la quadrature du cercle psychique!


Dans ce contexte, le nouveau projet d’établissement (2012 - 2015) se doit de revoir ses priorités.

  • La rédéfinition de l’organisation des hospitalisations du nouveau projet d’établissement est un sujet sensible qui impacte quasiment tous les unités de psy adulte (UMP, URA, Clinique 10, CAMP).

Dans ce projet, l’UMP devient le sas d’accès, avec un transfert d’activité de l’Accueil vers l’UMP et vers les admissions, avec un risque de redondance des saisies administratives à l’UMP et à la Clinique 10, à cause d’une exigence réglementaire liée à la responsabilité administrative (entrée et sortie de l’UMP, transfert, puis entrée à la Clinique 10, avec son cortège de délivrance des TT).

Les CAMP gèrent les hospitalisations programmées.

Il n’y a probablement aucune économie de personnels à attendre de ce dispositif.


Ce projet présuppose un travail en amont de "désengorgement" des admissions pour apporter de l’air et permettre la mise en route de la réorganisation.
Cela ne peut passer que par l'ouverture de lits ou places ( appartements thérapeutiques, foyer d'hébergement, etc...), et en aval l'utilisation optimisée des alternatives à l'hospitalisation ( HAD, HJ...). Question: Moyens nouveaux ou moyens constants?

  • Un vrai casse-tête: Plusieurs options pour le financement:

* ARS et Conseil Général pour le sanitaire et le médico-social dans un contexte politico-économique de maîtrise des coûts...et/ou... des coupes budgétaires. Version très optimiste!!

* L’UHC, si économies de moyens potentiellement virtuels, en réalité inexistants; et aussi le financement de l’UMP, qui ressemble bien à un mariage de cocus. En effet rappelons-le, l’EPSM finance les personnels, le CHIC récupère les recettes.

Comment y récupérer ses billes?

* l’EPSM, dans la recherche de “niches”:

 - les services logistiques: où? Buanderie, lingerie, cuisine, espaces verts ont déjà subi les frais de la restructuration interhospitalière entamée depuis plusieurs années!

 - les cliniques d’hospitalisation: c’est ici qu’il faut renforcer.

 - restent les unités extra-hospitalières: CAMP - HJ - CATTP: faut-il réduire la voile?

Cette option n’est pas en faveur de l’optimisation des alternatives à l’hospitalisation, citée plus haut! C’est le chat qui se mord la queue...


Les moyens accordés à la psychiatrie posent problèmes.
Mais Gourmelen a également un volet médico-social. L’USD CGT du Finistère s’invite dans la campagne des élections législatives sur ce thème, ô combien problématique. Nous y reviendrons donc.

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