Victoire syndicale - Création de lits psy - Rennes


Cette note est à l’attention de toutes les organisations de la CGT. Elle a pour but de revenir sur un mouvement victorieux, d’en dégager les enseignements. Sans prétention elle se veut aussi être un point d’appui pour tous les combats syndicaux menés par les camarades. 

 

Le contexte  

 

Depuis maintenant plusieurs années le CH Guillaume  Régnier de Rennes (Hôpital psychiatrique) fonctionne avec des lits supplémentaires installés  dans les unités (exemple les unités de 25 lits accueillent 27 à 28 patients avec des pics à 30). 

 

La C.G.T. (ainsi que SUD) est intervenu partout où  cela était possible (CTE, Tracts, Réunions avec Direction…) pour alerter sur cette situation et exiger l’arrêt des fermetures de lits et la réouverture de lits à moyens nouveaux. En 2009, l’unité Ste marie, hospitalisation complète, a fermé et a été transformé en hôpital de semaine. Celle-ci accueille désormais un profil de  patients particulier et n’accueille plus selon le principe de la sectorisation. C’est donc 40 lits qui sont perdus. En avril 2011, 2 unités de 25 lits sont détruites par un incendie. Elles seront relogées dans des locaux accueillant 35 patients. Encore 15 lits de perdus. De jour en jour la situation s’aggrave puisque, les lits des patients permissionnaires le Week-end sont utilisés pour d’autres patients. Le lundi il faut trouver une solution. La situation a atteint un niveau sans précédent quand des matelas ont été installés par terre dans une chambre à 2 lits mi janvier. Les trois organisations syndicales sortent un tract sur la situation. (Documents disponibles) SUD appelle à une AG. Après discussion avec SUD, la C.G.T. appelle également à l’AG. La C.G.T. propose à SUD de partir sur une revendication minimum d’ouverture de 60 lits. Cela est conforme au mandat du congrès fédéral de St Etienne du 6 au 10 juin 2011 qui dit dans sa résolution n°1, 5ème alinéa : 

Le congrès décide d’exiger le retrait de la loi sur les soins sans consentement qui prépare destruction du soin psychiatrique et vise à sa privatisation. Il est urgent de rouvrir tous les lits nécessaires dans les établissements publics et d’augmenter les moyens budgétaires, humains, matériels pour une réelle politique de secteur psychiatrique de secteur public

 

 

 

Le 26 janvier 2012, le syndicat C.G.T. du CHGR envoie le mail suivant à L’UD C.G.T. 35 et à l’UL de Rennes : 

 

A l'attention de l'UD CGT 35 et de l'UL de Rennes CGT

 

Camarades,Vous trouverez ci joint un tract que l'on a sorti ce jour concernant les conditions d'accueil déplorables au CHGR. Vous noterez que SUD a appelé (hier) à une AG le 31 janvier. Après avoir pris contact avec eux, nous appelons aussi à cette AG. On verra bien ce que ça donne, Les contraintes à l'hôpital ne permettent pas toujours la participation des soignants.Pour l'UL de Rennes :Il serait peut-être intéressant qu'il y ait un communiqué de l'UL sur les conditions d'accueil à l'Hôpital psy de la ville. Notez que la présidente du conseil de surveillance n'est autre que Mme Aperré, 1ère adjoint à la marie de Rennes.Je suis bien sûr OK pour rédiger ce communiqué.

Fraternellement

Patrick Richard Secrétaire adjoint, Syndicat CGT CHGR

 

Sud et la C.G.T. appelle a une assemblée générale des personnels le 31 janvier.

 

Une centaine de salariés seront présents.  Les salariés se sont rassemblés pour dénoncer la dégradation des conditions de travail des salariés etles conditions indignes dans lesquelles les patients sont accueillis, qui ne permettent plus de garantir la sécurité sanitaire dans les prises en charges. Même le directeur, M.GARIN, l'écrit dans son courrier à la direction territoriale 35, datée du 23 janvier (document disponible) :

« Nous constatons un réel épuisement des équipes face à des difficultés qui vont croissantes (…) Il ne m'est plus possible de garantir la sécurité sanitaire dans les prises en charges » 

 

Unanimement les personnels ont attribués les causes de cette situation au manque de lits d’accueil et non à un problème d'organisation ou de régulation des flux de patients. Les personnels s'accordent sur le fait que la responsabilité de la direction dans cette situation est évidente :  

- Fermeture de l’unité Ste Marie le Week-end et jours fériés. 

- Disparition de 20 lits autorisés après l’incendie des unités Magnan Morel. 

- Installation de 20 à 30 lits supplémentaires en permanence dans les unités, sans personnel supplémentaire. 

 

Le courrier envoyé par la direction à l’ARS (cité plus haut) laissait penser à une prise en compte des problèmes et une volonté de les résoudre. Il n'en est rien. La preuve en est, la réponse par mail de la direction en date du 31 janvier dans laquelle elle indique : 

 

« Avec la présidente de la CME je m'emploie effectivement à définir des mesures d'organisation interne permettant de remédier aux dysfonctionnements en matière d'hospitalisation (...)» « J'ai saisi par courrier du 23/01/2012 l'ARS de cette situation et que je solliciterai un RV avec la DGde l'ARS dans les prochaines semaines » « (…) réitérer la demande de pré-financement de l'UHCD, ce qui permettrait, si elle était satisfaite, de renforcer provisoirement notre capacité en lits »

 

 Force est de constater que la direction se concentre sur la régulation des flux et met peu d'espoir dans l'ouverture de l'UHCD (Unité d'Hospitalisation de Courte Durée) qui serait provisoire ! Les salariés demandent des mesures rapides de la part du directeur et de l’ARS 

 

SUD et C.G.T. propose comme revendication : ouverture de 60 lits. 

Dans l’AG la CFDT (invité par nous à y venir) proposera : d’abord 20 lits.

 

Pour éviter la division la C.G.T. propose : ouverture de 60 lits dont 20 tout de suite.

Adopté à l’unanimité :  

 

Ouverture de 60 lits dont 20 tout de suite, avec le financement des personnels nécessaires. Sans aucune contrepartie sur les carrières ou l'organisation de travail des salariés.

 

Sur cette revendication :

 

-L’assemblée Générale décide la grève à partir du mardi 07 février 2012. L’intersyndicale SUD, C.G.T. et CFDT dépose le préavis.  

 

Ce jour là, les salariés avec leurs organisations syndicales ont prévu de bloquer les entrées si l’hôpital a dépassé sa capacité d’accueil normale.  

 

Il s'agit de dire : « tous les lits sont occupés alors on n’accueille plus » 

 

-Un courrier est adressé à la préfecture et à l’ARS pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires pour que les patients soient accueillis sur d’autres structures. 

 

-Il est décidé d’engager une pétition pour l’ouverture de 60 lits (document disponible) pour organiser la participation la plus importante possible au piquet de grève mardi matin. -Un communiqué de presse est envoyé. 

 

-Un rendez vous est pris avec Mme APPERE présidente du conseil de surveillance et 1er adjointe de la ville de Rennes. Le 2 février la présidente de la CME publie un communiqué de presse (document disponible) dans lequel elle indique : 

 

Depuis plusieurs semaines, le CHGR fait face à des  difficultés croissantes, quasiinsurmontables certains jours dans l’accueil et la prise en charge des patients : lits autorisés en état de saturation, installation de lits supplémentaires jusqu’à 40 sans personnel soignant supplémentaire,parfois matelas au sol et fauteuils dans les couloirs font office de chambre. Les patients subissent des changements et des mutations itératives parfois en pleine nuit. On note une augmentation de l’attente et des tensions dans les services d’urgence avec des risques graves. Toutes ces conditions d’hospitalisation nous paraissent indignes et mettent à mal la qualité des soins et la sécurité des personnes. Les équipes ont un sentiment d’impuissance et finissent par s’épuiser. Malgré l’aide des cliniques par leur accueil et la  mobilisation des prises en charge ambulatoire, il manque globalement 40 lits pour faire face aux missions de service public du CHGR (hospitalisation sans consentement, admission des crises aiguës ou suicidaires notamment). 

 

Le lendemain, cela fait l’objet d’une dépêche APM international (document disponible) 

 

Le 03 février 2012, le syndicat C.G.T. du CHGR envoie le mail suivant à la fédération C.G.T. de la santé et de l’action sociale à l’UD C.G.T. 35 et à l’UL de Rennes : 

 

Aux camarades de la fédération santé et action sociale, de l'UD CGT35, de l'UL CGT de la Ville de Rennes. Vous trouverez ci joint une note sur un début de mouvement au CHGR pour l'ouverture de 60 lits supplémentaires. Également joint, le 1er tract CGT, la pétition et le tract intersyndical.  Ne pourrait-on pas avoir un communiqué de l'UL de Rennes,  Deuxième étape ne pourrait-on pas proposer un communiqué commun avec les autres UL y compris celles qui n'ont pas de syndicat au CHGR. SUD n'est pas organisé en UL mais cela pourrait se faire avec solidaire 35. Nous sommes à votre disposition pour toutes infos supplémentaires N'hésitez pas à nous contacter

 Pour le Bureau du syndicat CGT CHGR 

Rodolphe VERGER Secrétaire. CHGR 02 99 33 39 00 poste 3505 ou 3275.

 

Le 06 février, la présidente du conseil de surveillance, Mme APPERE, 1ère adjointe à la ville de Rennes, reçoit une délégation : C.G.T. SUD et CFDT + la présidente de la CME. 

 

Bref éléments de la réunion

 

La discussion a d’abord fait état de la situation au CHGR et des conditions indignes dans les quelles les patients sont accueillis. Cela a été illustré par de nombreux exemples de la part de chacun. Mme APPERE demande s'il y a physiquement la place pour ouvrir des lits. Il est donc fait état de la fermeture de STE Marie, de Bourneville, des Glycines et de Daumezon soit 4 unités utilisables. Mme APPERE indique avoir rencontré l'ARS (Agence Régionale de Santé) au mois d'avril 2011 pour évoquer cette situation. Elle parle également de la visite commune ARS-Préfet en Octobre 2011. L'ARS renvoie des arguments en comparaison : la Bretagne serait surdotée en lits par rapport à une moyenne nationale et nous aurions plus recours à l'Hospitalisation en Bretagne. La CGT indique que ce n'est pas parce qu’il y a moins de lits en France qu'en Bretagne que c'est mieux et que l'on y soigne mieux. La problématique  du manque de lits est commune à tous les hôpitaux psychiatriques de France. 80 000 lits de psychiatrie ont été fermés depuis les 30 dernières années, le problème vient de là. Il faudrait dire à M.GAUTRON (directeur ARS) qu'il faut relever le nombre de lits en France au niveau du ratio breton et non pas descendre le ratio breton vers le ratio national. Cela a amené la discussion sur la question de la réouverture des lits. Mme APPERE informe qu'elle rencontre M.GARIN (Directeur CHGR) le 07 février pour entendre ses propositions, qu'elle va également saisir l'ARS et qu'elle n'exclue pas de rendre les choses publiques.  

La CGT indique qu'elle sera très attentive à la prise de position de la présidente du conseil de surveillance qui vaudrait position de la marie de Rennes. Mme APPERE ajoute qu'elle inclue ce problème dans le cadre plus général de l'organisation des soins qu'il y a le projet d'établissement 2012-2016 qui est en cours d'élaboration incluant un projet médical. La CGT indique : Certes, mais il y a urgence, les personnels ne peuvent plus attendre, il faut pour soigner dans des conditions acceptables que les unités de 20 patients accueillent 20 patients, que lesunités de 24 patients accueillent 24 patients, pour cela il faut au minimum,  ouvrir 60 lits en urgences. La discussion a lieu sur les rythmes d'ouverture de ses 60 lits. Tous les participants n’ont pas le même point de vue. Priorité aux 20 lits correspondant aux lits perdus dans l'incendie. Mais il faudra aussi 20 lits pour compenser ceux de STE marie, puis 20 pour désinstaller les lits supplémentaires.  Mme APPERE convient qu'il n’est pas normal que des lits aient disparu après l'incendie mais ne peut se prononcer sur le nombre de lits nécessaires. Elle indique qu'il faut effectivement une adaptation de la capacité d'accueil. 

 

Pour la CGT, il faut prendre en compte tous les éléments de la situation à cette étape : 

 

Nous enregistrons le communiqué de la CME qui indique après une juste caractérisation des problèmes « (…) il manque globalement 40 lits (...) » 

 

Nous enregistrons :  la lettre du directeur à l'ARS indiquant clairement la situation au CHGR mais nous notons que sa solution est de réguler les flux de patients. 

 

Nous enregistrons la position de Mme APPERE présidente du CS d'une nécessaire adaptation de la capacité d'accueil mais nous regrettons qu'elle n'ait pas pris une position ferme d'ouverture de 60 lits.  

 

Déjà  350 signatures sur la pétition qui demande  l'ouverture de 60 lits. Notons la signature de nombreux médecins

 

Le 7 février la grève démarre. A 9h00, les collègues arrivent progressivement, des lits et des barrières sont installés devant l’entrée. Une banderole de 5m sur 3m est accrochée. Il y est écrit : sécurité non assurée = blocage des entrée. On y voit également la photo du matelas par terre entre 2 lits. La presse sera présente : Ouest France, France 3, TV rennes, 20 minutes et différentes radios. On fait les comptes ce jour là : 38 lits supplémentaires installés. 

Il y aura en permanence une cinquantaine d’agents présents. La direction envoie un huissier pour constater le blocage. Les manifestants ne sont pas impressionnés. Des patients attendent au service d’accueil et d’orientation (SPAO). 

L’intersyndicale travaille avec le SPAO. Il y a des unités qui depuis le matin ont fait des sorties et sont passées sous leur capacité d’accueil. Nous recensons 4 lits. Les 3 patients en attente seront hospitalisés dans ces unités. 

A 14 h L’AG rassemble près de 200 salariés à l’accueil par un froid glacial. La détermination est totale. La présidente du conseil de surveillance sera présente. Elle annonce qu’elle est pour l’ouverture de lits. Elle sera applaudie.  

L’assemblée Générale reconduit la grève, revote la revendication : ouverture de 60 lits. Des collèguesprennent en charge la pétition. Les tracts circulent. Café chaud et grillades également. Le piquet de grève se poursuit y compris la nuit. Une dizaine de collègues se relaierons jusqu‘au matin. Des tractssont distribués dès 6 h00 appelant à venir au piquet de grève toute la journée et à une nouvelle AG à 14h. 

 

La secrétaire de l’UL de Rennes prend contact avec le syndicat. Elle est informé de la situation, de l’AG de la participation….Elle propose un communiqué de  l’UL. Nous y sommes très favorables. Elle demande si on peut faire un projet. Le projet suivant lui est transmis le soir même accompagné du message : 

 

Camarade, Comme convenu je t'envoie un projet de communiqué de presse pour l'UL de rennes. J'espère avoir été suffisamment complet et court à la fois.  N'hésite pas à me recontacter pour éventuelles modifications réécritures ou rajouts Fraternellement Rodolphe VERGER Secrétaire du syndicat Communiqué de presse UL de Rennes. 

 

L’UL C.G.T. de la ville de Rennes, a pris connaissance de la grève des personnels à l’Hôpital Psychiatrique Guillaume Régnier de Rennes ce mardi 07 février 2012. 

 

En cause : l’accueil de malades sur des matelas posés à même le sol.  Cela est le reflet d’une situation de sur occupation des lits depuis déjà plusieurs années. Ainsi le jour de la grève les organisations syndicales ont relevé 38 patients installés dans des lits supplémentaires. 

L’Assemblée générale des personnels du 31 janvier adopte comme revendication la réouverture de 60 lits avec les moyens en personnels correspondant comme solution à cette situation inacceptable. 

Depuis, la commission médicale d’établissement (CME) a pris position indiquant « (…) il manque globalement 40 lits pour faire face aux missions de service public du CHGR (…) ». Mme APPERE, 1ère adjointe à la ville de Rennes présidente du conseil de surveillance de l’Hôpital se prononce elle aussi pour la réouverture de lits et l’adaptation de la capacité d’accueil de l’établissement.  

Même le Directeur écrit dans un courrier à l’ARS du 23 janvier « (…) Je tenais à vous indiquer les risques considérables en terme de sécurité des soins auxquels nous sommes confrontés, de devoir accueillir,  au-delà de nos capacités et au-delà de nos moyens en personnels (…) des patients qui nécessitent des soins importants (…) il ne m’est plus possible de garantir la sécurité sanitaire dans les prises en charge (…) »

Jusqu’à présent l’ARS fait le choix de ne pas ouvrir de lits. Les personnels ont reconduit la grève pour mercredi 08 février.  

L’UL C.G.T. de Rennes fait sienne la revendication des personnels du CHGR en lutte avec leurs syndicats pour la réouverture des 60 lits. 

 

Nous ne savons pas si ce communiqué a été envoyé. 

 

A 18h00 la présidente du conseil de surveillance écrit à l’ARS et publie un communiqué (documents disponibles). Dans son courrier à l’ARS on lit :  

 

Pour faire face à ses missions de service public, il manque au CHGR, selon la commission médicale d'établissement, une quarantaine de lits. Il est urgent que vous puissiez débloquer les moyens nécessaires à un accueil digne et sûr des malades en corrélation avec les besoins de soins psychiatriques sur le territoire 

Je souhaite que dans les plus brefs délais intervienne une rencontre avec l'ensemble de la communauté hospitalière : les représentants du personnel, de la CME, des usagers, du conseil de surveillance, de la direction et vous-même, afin que soient trouvées les solutions.  En l'absence d'ouverture rapide de lits pour restaurer les capacités d'accueil, je n'entends plus exercer les responsabilités de présidente du conseil de surveillance considérant que les conditions de sécurité et de qualité élémentaires ne sont plus réunies dans l'établissement.

 

 Le 8 février, à nouveau les agents se relaient à l’entrée de l’hôpital par -3°C.

L’AG de l’après midi regroupe encore une centaine d’agents. Les agents sont informés du communiqué de la présidente du conseil de surveillance. Tous le monde comprend il n’y a plus que l’ARS qui fait obstacle et refuse d’ouvrir des lits. L’AG reconduit la grève et décide d’envoyer une délégation à l’ARS en ville. Ceux qui peuvent sont  invités à suivre la délégation. Une vingtaine d’agents iront à l’ARS. Le directeur de l’ARS est absent. Le représentant qui reçoit la délégation indique qu’il n’y aura pas de réunion telle que le demande Mme APPERE. Il renvoie à un rendez vous prévu vendredi 10 février entre les OS et le directeur de l’ARS. 

 

Le 09 février au matin le directeur nous fait savoir que le rendez vous du 10 février change de nature. Y seraient conviés : les OS, la présidente de la CME et le directeur et la présidente du conseil de surveillance. L’AG de l’après midi, (encore une centaine dans le froid qui ne nous fera pas reculer) décide la reconduction de la grève avec un nouveau rassemblement devant l’ARS à 17 h, 1 heure avant la délégation. 

 

Le 09 février 2012, le syndicat C.G.T. du CHGR envoie le mail suivant à la fédération C.G.T. de la santé et de l’action sociale à l’UD C.G.T. 35 et à l’UL de Rennes : 

 

Camarades,

 

Rapidement des nouvelles du CHGR.

Le point : 

L'AG des personnels du 31 janvier s'est prononcée pour la réouverture de 60 lits.

La CME a estimé qu’il manquait 40 lits.

La présidente du conseil de surveillance a repris la position de la CME de 40 lits et a fait un communiqué de presse.

Les personnels ont reconduit la grève tous les jours depuis le 07 février avec AG tous les jours. A chaque fois au moins 100 personnes présentes.Demain se tient à l'ARS une réunion avec M. GAUTRON directeur de l'ARS, les représentants du personnel, Mme APPERE présidente du conseil de surveillance et Mme Sheppard présidente de la CME.

L'AG d'aujourd'hui a décidé d'appeler a un rassemblement massif devant l'ARS à partir de 17h vendredi 10 février.

Faites suivre partout 

N'hésitez pas à nous appeler pour toute information

Rodolphe VERGER

secretaire du syndicat

CHGR 02 99 33 39 00poste 3505 ou 3275 cgt@ch-guillaumeregnier.fr

 

Le 10 février,  La présidente du CS ne serait pas conviée à la réunion du soir. Jointe par téléphone elle indiquera que c’est en accord avec M. GAUTRON qu’elle ne viendra pas. Celui-ci lui indiquant que cela générerait une sur-médiatisation compte tenu du contexte électoral (Elle est candidate PS aux législatives).

La C.G.T. tentera de la convaincre. Si cela met une pression supplémentaire sur l’ARS c’est tant mieux. Mais elle ne changera pas d’avis et nous laisse entendre que les propositions seront conséquentes même si d’autres rumeurs nous indiquent que l’ARS lâchera peu de chose. Il ya toujours de nombreux agents qui passent au piquet de grève à l’entrée. Tract et pétition circulent toujours. Toutes les forces sont mises dans la préparation du rassemblement à 17h. 

 

Le 10 février 2012, le syndicat C.G.T. du CHGR envoie le mail suivant à la fédération C.G.T. de la santé et de l’action sociale à l’UD C.G.T. 35 : 

 

Camarades,

 

Ce soir se tient une réunion à l'ARS avec les OS, les médecins, le directeur.(je vous en ai informé hier soir)

Je pense que cela aiderais à gagner l'ouverture de lits si l'UD envoyait aujourd'hui à l'ARS une courte déclaration qui pourrait être :

" Monsieur le directeur de l'ARS, avant que vous receviez ce soir la délégation représentant les personnels du CHGR en grève, l'UD CGT 35 tient à vous signaler qu'elle appuie leur revendication d'ouverture des 60 lits"

Tenez-moi informé des démarches de l'UD dans ce sens

Fraternellement

Rodolphe VERGER

Secrétaire du syndicat CGT CHGR

 

Le secrétaire du syndicat appelle l’UD pour faire part de cette proposition. Une camarade du secteur santé présente à l’UD répond. Le secrétaire de l’UD aurait fait transmettre (pas exactement mais sur le fond) :

 

« ce serait mieux si c’était la fédération qui envoyait le message l’UD ça n’aurait pas de poids » 

 

C’est le vendredi soir des congés scolaires, malgré cela, 150 agents seront présents au rassemblement à l’ARS en plein centre ville par -2°C. 2 H avant le rassemblement les médecins nous font parvenir ce qui pourrait être la proposition faite à la délégation. Il y aurait 47 lits et 10 places d’hôpitaux de jours.

 

Réunion des secrétaires de syndicats : on doute, on décide de ne pas l’annoncer mais d’indiquer que les perspectives semblent très positives.  La délégation monte à l’ARS sous les applaudissements. Les propositions sont bien celles que les médecins nous ont transmises.  

La C.G.T. (ainsi que SUD) relève les bémols dans le financement et la durée. Des problèmes subsistent. Nous continueront à nous battre pour les conditions de travail. Car il ne faudrait pas que ces mesures imposent de nouvelles mesures d’économies. 

 

Pour faire court : 

 

- 1 unité de 16 lits (25 avant l’incendie) relogée dans une unité de 23 lits = + 7 lits.

- Réouverture de Ste Marie = + 20 lits

L’ARS débloque 554 000 € non reconductibles 

- Ouverture de l’hôpital de semaine en hospitalisation complète = + 20 lits

- Ouverture d’un hôpital de jour = + 10 places 

L’ARS débloque 250 000 € reconductibles 

 

Cela avec un projet de reconstruction des unités qui ont brulées dans l’incendie A la sortie la délégation annonce les mesures présentées. Elles sont accueillies avec les applaudissements et les hourras. Il y a un fort sentiment de victoire. Les collègues téléphonent dans leur service pour annoncer la nouvelle qui se répand comme une trainée de poudre. 

 

Quels enseignements ? 

 

- La détermination des collègues étaient totale. Une réelle volonté de se battre :  les salariés sont prêts !

- La formulation d’une  revendication claire et indépendante. Nous n’avions aucun considérant budgétaire. On veut des lits car c’est  ce qu’il faut pour soigner la population : Ouverture de 60 lits

- L’unité réalisée : les organisations syndicales, la CME, la présidente du conseil de surveillance, ont pris position pour l’ouverture de litsAutant d’éléments impulsés et recherchés par la C.G.T dans l’intersyndicale. 

 

Alors que depuis 30 ans la politique est à la fermeture de lits dans les hôpitaux. La grève au CHGR a fait prendre une décision contraire à l’ARS : des lits ont été ouverts.  

 

Nous ne sommes pas dupes : les crédits ne sont pas pérennes et les conditions d’ouverture vont nécessiter l’intervention des organisations syndicale pour que les conditions de travail des salariés soient respectées. 

 

Mais c’est incontestablement une victoire

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