Motion psy CGT régionale du 15 mars 2011

 

Communiqué de presse.

 

 

 

 

Ce 15 mars, le parlement va étudier le projet de loi relatif aux « droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ». Pour la Commission Régionale Psychiatrie Bretagne C.G.T. (CRPB), ce projet n’est ni acceptable, ni amendable.

 

Sous ce titre plutôt positif se cache en fait la possibilité de contraindre des personnes souffrant de troubles mentaux à « des soins sans leur consentement ». Il y est organisé la prise de pouvoir des préfets sur ces personnes, puisqu’ils seront chargés, après un simple avis médical où le psychiatre est obligé de parier sur un risque potentiel, de décider ou non la fin du soin contraint. Il s’agit d’ordre social et non pas de prise en charge thérapeutique. S’appuyant sur des faits divers dramatiques, qu’il ne s’agit pas de minimiser, le gouvernement crée un projet de loi liberticide sans négociation.

 

Ce projet confond volontairement traitement et soin. Devoir imposer un traitement à une personne souffrant de troubles mentaux la rendant incapable de repérer son besoin d’une prise en charge est toujours possible, puisqu’il s’agit d’un acte. Le soin, lui, passe par la création d’une relation entre un malade et un soignant. Il n’est pas possible de contraindre à une relation, premier temps d’une prise en charge.

 

Parmi les éléments inacceptables, le gouvernement veut créer une hospitalisation sous contrainte de 72 heures, avant la garantie de rencontrer un psychiatre, temps qui ressemble bien plus à une « garde à vue psychiatrique » qu’à un début de prise en charge. Ceci sans même un contrôle judiciaire réel.

 

Ces « soins sous contrainte » pourront se passer au domicile de la personne ou dans sa famille. Dans ce cas, le soin se limite à un simple planning de rendez-vous avec son psychiatre. Rendre envisageable le déplacement de la surveillance depuis un établissement public de santé psychiatrique vers les familles ne permet pas d’introduire un tiers, garant de l’espace du soin, et de ce fait créant une durée, garant du projet mis en place. Il rend comptable les familles de garantir que leur proche souffrant est toujours sous leur œil. De même, le seul suivi de la présence d’une personne à un rendez-vous avec son psychiatre n’a pour objet que la surveillance de l’individu, il ne dit rien du travail thérapeutique ni de l’évolution du malade.

 

Ce projet nie la réalité du soin, voyant le patient comme un être figé. Ne réfléchir qu’en termes de « susceptible d’être dangereux pour autrui » empêche de réfléchir sur les changements que vit l’individu.

 

Cette loi confine les personnels de la psychiatrie au seul rôle de surveillant, niant notre professionnalisme, niant l’histoire de la psychiatrie depuis les années soixante et son évolution s’appuyant sur des valeurs humanistes et de progrès.

 

La CRPB, avec d’autres organisations syndicales et des associations d’usagers et de citoyens, exige le retrait de ce texte dangereux pour les usagers, les professionnels, les conditions de soins et de travail. C’est dans l’esprit de la déclaration universelle des droits de l’homme, du droit à la santé que l’obligation de traitement doit se penser.

 

M. Richard

Responsable de la Commission Régionale Psychiatrie Bretagne C.G.T.

cgt@ch-guillaumeregnier.fr Rennes le 14/03/2011.

 

 

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